Jan 27

Interview d’Alexandre : Vis ma vie en séjour d’étude à Bern !

séjour d'étude Suisse

De mi-septembre à mi-janvier, j’étudie à la Berner Fachhochschule, dans le canton bilingue de Bern, en Suisse. J’ai choisi de passer un semestre d’études là-bas parce que l’école propose une large palette de cours et il est possible de construire son propre programme. Parmi les matières enseignées, le génie civil, la construction en bois, l’architecture, le management de l’innovation, le leadership, le management de projet… J’aimerais travailler comme conducteur de travaux : toutes ces matières m’intéressent puisqu’elles me seront utiles pour gérer les chantiers et les équipes. Ça me plaît énormément.

 

 

Une école aux allures de start-up

Ce n’est pas comme en France : l’enseignement en Suisse est encore plus orienté sur la pratique. On travaille en petits groupes de 11-12 étudiants. Les profs nous connaissent par nos prénoms et nous proposent beaucoup d’activités comme des jeux de mise en situation, des expérimentations en classe plutôt que de la théorie…

De nombreuses visites d’entreprises sont également prévues dans le cadre de ce semestre d’études. J’étais récemment au laboratoire d’innovation de PostFinance. N’importe qui peut venir y présenter son idée. Elle peut y être développée avec le soutien de l’institut financier à hauteur de 10’000 CHF. Il suffit de convaincre un jury et les salariés avec un pitch de 5 minutes. L’école nous soutient dans ce genre de démarche et il est possible de développer des idées nouvelles dans le cadre des cours. Dans ce contexte, créer sa start-up peut être rapide.

 

Premiers pas dans la recherche

En plus des cours d’architecture et de génie civile, j’étudie l’informatique, la technique et la programmation que j’applique directement dans le cadre d’un projet de recherche. Je découvre la réalité du terrain : j’avance seul sur mon projet, je cherche et les résultats sont variables selon les jours. De mi-septembre à mi-octobre, des cours particuliers me permettent de compléter mes connaissances. Un enseignant-chercheur m’accompagne et se montre disponible pour répondre à mes questions. On est censé se voir une fois par semaine, mais dans les faits, je lui pose des questions par mail tous les jours. Il ne me donne pas la réponse mais m’oriente vers la solution. Avec lui, j’apprends à structurer mon approche d’ingénieur avec rigueur.

 

Une pédagogie à l’écoute des besoins des étudiants

J’ai beaucoup d’autonomie : du lundi au mercredi, c’est à moi de me motiver et d’avancer dans mes projets professionnels et de recherche. Les jeudis et vendredis, je suis des cours normaux.

Lorsque j’ai demandé quand je devais rendre un rapport sur mon projet, le prof m’a dit : « Tu es ingénieur et tu étudies le management. Il me faut 3 semaines pour relire : c’est toi qui voit. ». C’est vraiment une autre mentalité !

Un autre exemple de la souplesse du modèle suisse est celui des pauses. Le professeur demande quand on veut s’arrêter. Il s’adapte pour qu’on soit le plus en forme pour mieux travailler, avec un nouveau souffle, plus reposé et plus concentré.

 

« Ça va, l’chalet ? » ou la Suisse au quotidien

La vie de tous les jours, c’est sympa : il y a une bonne mentalité, les gens sont ouverts d’esprit, il y a beaucoup d’étudiants internationaux… Mon niveau d’allemand est intermédiaire : les profs parlent facilement anglais si on ressent une difficulté en allemand. On mange des fondues, le cadre est beau avec ces grands lacs… Je me souviendrai de cette expérience toute ma vie ! 🙂

A Bern, le campus est éclaté et il n’y a pas de résidence étudiante. Je me suis trouvé un studio pas trop cher avec l’aide du secrétariat de la Berner Fachhochschule qui dispose de nombreux partenariats.

Il existe aussi beaucoup de colocations : les étudiants font connaissance via Skype. Le mieux, c’est vraiment de faire des recherches sur Internet avant de partir.

 

On rencontre des jeunes à l’école, c’est sympa. On peut compter sur l’entraide pour rattraper les cours, se mettre à niveau pour faire de la recherche par exemple. On sort boire des coups… Tout est plus cher qu’en France, mais avec toutes les bourses que l’on peut obtenir, c’est abordable.