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Interview de Julia, ingénieure chez Enercoop

05/08 Etudiant Professionnel

Julia MULLER, diplômée ECAM Arts & Métiers en 2018, a démarré sa carrière d’ingénieure chez Enercoop en 2019. Elle nous raconte ses missions et à quel point elles sont liées à ses valeurs.

 

Quel est ton parcours et comment es-tu arrivée chez Enercoop ?

Après ma diplomation à l’ECAM Strasbourg-Europe, j’ai poursuivi dans un Mastère Spécialisé® EXPPER (expert en projet de production d’énergies renouvelables). La formation d’ingénieur généraliste a été utile puisqu’elle m’a permis de définir mes objectifs professionnels et grâce à ce Mastère Spécialisé®, j’ai pu me focaliser sur les énergies (solaire thermique, photovoltaïque, méthane, hydraulique, etc.).

 

Lorsque j’ai du réaliser mon stage de fin d’études, j’ai eu quelques doutes puisque les grandes entreprises, dont les valeurs ne me correspondaient pas, étaient très présentes dans des projets écologiques. C’est alors que j’ai entendu parler d’Enercoop, une coopérative d’électricité locale et citoyenne.

 

julia muller enercoop

Julia Muller, lors d’une Assemblée Générale à Loubeyrat (63),
au siège social de Combrailles Durables, pendant la visite de leurs centrales solaires

 

Qu’est-ce qui t’a séduit dans cette entreprise ?

Ce qui m’a menée chez Enercoop, en mars 2019, c’est d’abord l’approche humaine. Ce distributeur d’électricité créé en 2005 porte un message intéressant : décentraliser l’énergie, pour que les territoires puissent multiplier les parcs de production et faire le lien entre producteurs et consommateurs.

 

Je suis arrivée au bon moment car l’entreprise se posait la question de la production locale, j’ai donc pu me projeter sur cette mission de développement. Aussi, c’est le seul fournisseur qui a le statut coopératif d’intérêt collectif, ce qui garantit aucune prise de pouvoir dans le sociétariat (notre modèle est construit par des sociétaires et non des actionnaires) puisqu’un sociétaire a une seule et unique voix, peu importe son nombre de parts sociales dans la coopérative.

 

« J’ai voulu mettre à contribution mon diplôme d’ingénieur au profit du développement durable. Je me sens chanceuse car il y a peu de coopératives qui existent en France ! »

 

Enfin, un dernier point important, je suis passée à 80% cette année pour prendre du temps pour moi. Cela me permet de m’occuper du jardin, de faire de la musique, lire et de profiter de la montagne. C’est bien vu chez Enercoop, même quand on n’a pas d’enfants et c’est d’ailleurs le même contrat de base dans certaines coopératives du réseau. Aujourd’hui, ce format me convient à merveille, je suis à focus la semaine et je déconnecte bien le week-end.

 

Comment définirais-tu tes missions ?

Il faut savoir que je suis spécialisée exclusivement dans l’énergie solaire photovoltaïque, ainsi au quotidien, j’ai deux casquettes :

  • La première consiste à accompagner les centrales citoyennes pour le développement des projets en toiture. Nous travaillons beaucoup avec le réseau des centrales villageoises (il y en a quelques unes en Alsace, mais c’est la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a boosté ces initiatives). Les habitants ont mis en commun leur épargne pour accélérer le processus des projets solaires sur des lieux publics avec des toitures assez grandes, pour trouver un équilibre économique.
  • La seconde casquette définit la majorité de mon travail, puisque je consacre beaucoup de temps à la recherche de terrains dégradés (décharges, carrières, etc.) pour faire des parcs solaires au sol. Nous cherchons des territoires à énergies positives et proches des valeurs d’Enercoop, nous y installons des parcs solaires et revendons l’énergie produite. La procédure est longue ; il faut savoir qu’il y a un délai d’au minimum 2 ans pour obtenir un terrain, et ce pour un petit projet car beaucoup de discussions se lancent et des contraintes d’urbanisme se posent.

 

De ce fait, je suis amenée à beaucoup bouger car le territoire est grand : Puy-de-Dôme, Haute-Savoie, Ain… Finalement, aujourd’hui je connais mieux la région Auvergne-Rhône-Alpes que la région Grand Est ! J’adore rencontrer les habitants, les élus, etc. Ils nous donnent beaucoup de temps malgré leur charge de travail. De plus, dans notre façon de développer un parc solaire, nous allons systématiquement organiser des animations avec les habitants pour répondre à toutes leurs questions. C’est important pour nous de faire de la sensibilisation et d’accompagner les gens dans le changement de leurs habitudes et travailler la sobriété énergétique.

 

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Visite d’une ancienne décharge dans le Puy-de-Dôme avec notre partenaire citoyen Combrailles Durables

 

En changeant de région, as-tu développé de nouvelles passions ?

Je profite des environs de Grenoble : en hiver beaucoup de ski et du snowboard, et en été des randonnées et du vélo. Récemment, je me suis même initiée à l’alpinisme !

 

Le reste du temps, je vois mes amis d’Alsace et d’ailleurs en France. Nous sommes restés un bon groupe d’amis avec les étudiants de ma promo ECAM.

 

Un conseil pour nos futurs ingénieurs ?

Je dirais qu’il est important de rester droit dans ses bottes, trouver un métier qui a du sens et en lien avec ses valeurs et de rester critique sur ce que l’on fait. Je me souviens d’ailleurs des cours d’éthique de l’ingénieur qui étaient dispensés à l’ECAM Strasbourg-Europe. Notre professeure nous racontait des parcours professionnels de vieux sages et nous partageait leurs témoignages. C’était très inspirant !

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