Mar 26

[Interview] Samuel, Doctorant à l’ECAM Strasbourg-Europe, souhaite apporter sa contribution dans le domaine du biomédical

Samuel Berthe, 25 ans, est ingénieur mécanique de formation. Originaire de Reims, il s’est installé en Alsace pour ses études d’ingénieur. Actuellement Doctorant à l’ECAM Strasbourg-Europe, il nous parle de son parcours, de sa thèse et nous ouvre les portes de sa vie de chercheur.

Mon parcours avant de devenir doctorant :

Titulaire d’un baccalauréat scientifique, j’ai intégré une CPGE PTSI/PT et rejoint l’INSA Strasbourg en génie mécanique avec une spécialisation production.

Au cours de ma formation, j’ai effectué mes premiers stages dans le domaine des matériaux, notamment au sein de l’entreprise industrielle Schaeffler (optimisation des guidages linéaires). Mon dernier stage, réalisé au sein du laboratoire Icube et encadré par un enseignant-chercheur de l’ECAM Strasbourg-Europe, consistait à concevoir une bouche artificielle dans le cadre d’une recherche concernant les prothèses dentaires. Ces expériences m’ont ouvert les portes d’une thèse dans le domaine de la biomécanique.

Le sujet de ma thèse :

C’est naturellement que j’ai rejoint l’ECAM Strasbourg-Europe fin d’année dernière pour effectuer ma thèse sur la conception d’une prothèse de poignet instrumentée.

Ma thèse repose sur le problème clinique du descellement / mouvement des prothèses de poignet. Quelques années après leur installation, ces dernières se mettent à bouger. Plusieurs hypothèses existent pour expliquer ce problème comme par exemple des efforts trop importants entre la prothèse et l’os qui peuvent être liés à un mauvais positionnement.

Afin d’obtenir des preuves pour confirmer ou réfuter ces hypothèses, je dois travailler sur l’élaboration d’outils expérimentaux. L’installation de capteurs sur les prothèses peut permettre d’obtenir de nombreux indicateurs utiles au chirurgien et de comprendre pourquoi la prothèse se descelle. L’étendue de ma thèse est de réussir à mettre en place les capteurs dans la prothèse pour qu’ils mesurent les bons indicateurs.

Son déroulé :

Ma thèse se divise en plusieurs étapes sur 3 ans.

  • 📚 Etape 1 (6 mois) : Recherche et élaboration de la bibliographie. Synthèse de toutes les recherches déjà effectuées sur le sujet. Compréhension et délimitation du travail à réaliser par rapport au contexte général.

  • 🔎 Etape 2 (8 mois) : Etude d’une prothèse dite saine et non modifiée pour déterminer ce qui est un cas normal et anormal.

  • 🔧 Etape 3 (8 mois) : Fabrication et étude d’une prothèse en fabrication additive (en impression 3D) afin de pouvoir installer les capteurs

  • 🔎 Etape 4 (8 mois) : Etude de l’impact des capteurs sur la prothèse et de la prothèse modifiée sur son environnement en simulation numérique et expérimentale.

  • 💻 Etape 5 (6 mois) : Rédaction du mémoire et soutenance de la thèse

Ce qui me motive :

La recherche est altruiste. C’est peut-être une vision idéaliste mais c’est comme cela que je la conçois. Je souhaite apporter ma contribution dans le domaine du biomédical.  C’est un sujet éthique que je trouve intéressant et qui j’espère, à terme, profitera à tout le monde.

C’est aussi l’occasion de me prouver que je suis capable de mener un sujet de A à Z. C’est une manière de me dépasser !

Enfin je pense que, dans ma vie professionnelle, je n’aurai plus jamais la possibilité de choisir complètement le sujet sur lequel je dois travailler et la façon de mener le projet. Aujourd’hui, effectuer une thèse m’offre cette liberté et me permet d’être le seul décisionnaire. Même si je suis entouré et que j’ai des objectifs à atteindre, je gère complètement mon projet et je le fais tendre vers ce que j’ai envie.

Ma semaine type :

Je passe 3 jours à l’ECAM Strasbourg-Europe et 2 jours au laboratoire partenaire Icube. Je suis libre de moduler mon emploi du temps en fonction de mes besoins. Je donne également des cours de mécanique dans le département énergie de l’école.

Après ma thèse :

L’avantage principal de cette thèse est que les compétences développées peuvent être transposées à l’industrie, contrairement à des thèses très académiques difficilement valorisables auprès des entreprises. Comme je donne également des cours, j’aurai l’avantage de pouvoir m’orienter soit vers une carrière académique, avec l’enseignement et la recherche, ou comme ingénieur en bureau de Recherche & Développement au sein d’une entreprise. Pour le moment ma vision n’est pas définie mais j’ai ces deux possibilités, ce qui est un réel avantage.

Mon rêve :

L’un de mes rêves serait qu’à terme on comprenne pourquoi les prothèses se descellent et pouvoir créer des prothèses qui durent à vie sans se dégrader pour limiter la souffrance des patients. C’est un sujet qui me tient à cœur personnellement.

Mon conseil pour les étudiants :

Pour postuler dans une thèse, il faut le prévoir et orienter vos stages dans ce domaine. Faire au minimum un stage en laboratoire et se renseigner auprès des enseignants chercheurs de l’ECAM Strasbourg-Europe. Je suis à leur entière disposition !